OlivierBARDOLLE
Le monologue implacable
éd.Ramsay. 228 p. 20 euros.


  Dédié " À l’humaniste exaspéré, au penseur clair, au prosateur impeccable, au parfait déconneur, au plus réussi des inaccomplis. À Cioran. ", ce recueil d’aphorismes impitoyablement ciselés, qu’on devine maintes fois soumis à l’épreuve d’un feu intérieur, doit se déguster à petits traits — un fragment matin, midi et soir paraît une posologie raisonnable pour se prémunir de la bêtise ambiante. Si les symptômes persistent, ne pas hésiter à forcer la dose : " Diogène possédait en tout et pour tout une besace, un manteau et un bâton. On comprend bien l’intérêt de la besace et du manteau, mais le bâton ? Eh bien, il servait à taper sur les cons qui, déjà à l’époque, étaient fort nombreux. D’un point de vue philosophique, ce troisième accessoire était certainement le plus utile. " On peut également en user à la manière ancienne, qui consistait à ouvrir au hasard tel livre (généralement la Bible ou l’Énéide, nous apprend Alberto Manguel dans sa magistrale Une histoire de la lecture) pour y lire l’avenir ou encore y trouver un éclaircissement sur une situation personnelle ou collective. Démonstration : " Tenter quelque chose de sa vie, qu’importe le résultat, de toutes les façons il sera toujours en deçà de vos illusions premières. Le salut est dans la tentative, de préférence avortée. "


   É.N. 

 

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