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DUMITRU TREPENEAG
Frappes chirurgicales
Feuilles d’automne
...qu’on ramasse à la pelle. Ou bien à l’aide
d’un tuyau aspirateur qui fait un bruit infernal. Semblable au bruit
médiatique, quoi !...
Est-ce suffisant ? Est-ce suffisant pour vendre tous ces livres qui ont
envahi les librairies ? Pour cajoler l’ego à fleur de peau
de tous ces écrivains qui regardent leur nombril en attendant un
miracle. Sa Majesté le nombril que l’on laisse voir avec
fierté dans les rues.
Le bruit des média est un critère plutôt trompeur
et qui ne concerne que peu de livres. L’élimination, c’est
la règle. Et le but est de désigner seulement quelques livres
qui participeraient à tous ces faux concours terminés par
un prix.
Tout pour le prix ! La France reste le pays des concours et des prix,
ici on croit à la sélection des valeurs. Mais est-ce vraiment
une sélection ? Et la valeur, est-ce qu’on peut la hisser
en arc-en-ciel ? Moi, je doute, et voilà pourquoi.
L’arbitraire commence déjà chez l’éditeur
qui est sommé par les journalistes d’indiquer le livre qu’il
préfère. Vous pensez que l’éditeur se laisse
guider par des critères esthétiques ? Il doit vendre, l’éditeur,
qui peut lui en vouloir. Il mise sur le livre qu’il croit le plus
vendeur. Mais peut-il être sûr ? Tout serait trop simple si
l’éditeur connaissait la recette du succès. Il peut
éventuellement soupçonner les ingrédients désirés
par le grand public. Avoir une idée de ce qui ne peut pas se vendre,
de ce qui fait peur au lecteur de base. Mais pas beaucoup plus. Et pourtant
il a une idée derrière la tête, une idée qui
a besoin du concours du libraire. En fait, on est dans un cercle vicieux
! Le libraire, lui non plus, il ne peut être sûr de connaître
les désir du public. Même s’il fait semblant de l’être
et offre aux possibles lecteurs tel ou tel livre, en gardant sans honte
beaucoup d’autres en dépôt, sans ouvrir les paquets.
Mais il se passe une chose qui est spécifique du commerce du livre
: l’offre influence la demande, l’anticipe. Le lecteur a un
choix en réalité très restreint. Il ne voit dans
les librairies et à la télé que certains livres,
il n’entend parler que d’un nombre réduit de bouquins.
Les journalistes littéraires s’influencent les uns les autres
et ne se donnent pas la peine de lire et de juger les livres qui sont
en dehors de ce qu’on peut appeler le centre d’intérêt.
Sur à peu près 800 romans de la rentrée (traductions
comprises), on parle seulement d’une cinquantaine. Les lecteurs
de base sont attirés vers ces livres-là. Ils croient faire
un choix, mais le choix est déjà réduit par les éditeurs,
les journalistes et les libraires.
Pour les jurys des prix, c’est pareil. Là, le choix est encore
plus restreint. C’est alors du hasard ? Même pas. Souvent,
les dés sont carrément pipés…
Mais comment faire autrement, diriez-vous. Un critique ne peut pas lire
plus de quarante livres dans les deux mois qui précèdent
la rentrée. Pour lui, de toute façon, le plus simple est
de se fier à l’éditeur. Celui-ci anticipe la demande
du marché, sans se rendre compte que, s’il influence de cette
manière journalistes, libraires et public, il rend le marché
polarisant, ce qui au bout du compte se retourne contre lui, contre ses
auteurs.
La polarisation, ce mal du siècle !
Et l’auteur ? Doit-il rester les mains croisées ? Se fier
complètement à l’éditeur, ce pater familias
abusif, qui est poussé par les lois du profit, à l’infanticide…
En fait, l’auteur peut davantage pour son livre que l’on ne
croit. Mais pour cela, il doit courir et sourire à droite et gauche,
faire des mains et des pieds, convaincre son éditeur qu’ils
ont tous les deux une chance de s’emparer d’un prix et de
s’enrichir, faire la cour aux libraires (femmes et hommes), aux
critiques, se dépenser en flagorneries de tous genres, dîner
en ville au moins deux fois par semaine, se faire inviter par les gens
qui compte dans le tout Paris ; ou bien avoir déjà des pistons,
être le fils de, et j’en passe. L’auteur à succès
doit être sympa, sinon jeune et beau, plein d’énergie,
ne pas écrire de la poésie, ni des romans trop compliqués.
En un mot, il doit être crédible. Et faire semblant de croire
que le « cadavre de la littérature bouge encore ».
Ce qui est le plus difficile.
*
* *
J’ai feuilleté…... Je ne suis pas plus brave que tel
ou tel journaliste littéraire. Mon avantage est que les éditeurs,
en général, ne m’envoient pas leurs livres. J’ai
feuilleté dans une librairie un roman paru chez Phébus :
Mathieu Térence, Maître-Chien. À première vue,
j’ai lu Cheng, Maître Cheng. Chic alors ! Grâce à
Chirac on va lire de plus en plus de livres chinois… Eh bien, non,
l’histoire se passe à Rio, au Brésil. Un jeune homme
qui veut changer d’identité se fait embaucher comme maître-chien
par une société de gardiennage. Il doit protéger
les riches, leurs résidences fortifiées, contre la misère
des favelas voisines. Ce n’est pas facile pour les riches de vivre
si près des pauvres. Finalement, ce n’est pas sain ni pour
les uns ni pour les autres. Le chef du gardien Johann est une femme, une
surfeuse pulpeuse et sulfureuse. Leur relation doit être hard, me
suis-je dit en fermant le bouquin.
En lisant la quatrième de couverture j’ai appris que Mathieu
Térence a eu deux prix offerts par l’Académie française.
C’est vrai que sa phrase est un peu rigide. Mais à part ça…
Qu’importe ! Il est bien parti, Térence. Il paraît
qu’il passe beaucoup de temps au café de Flore. Pas bête
! C’est au Deux Magots, juste à côté que Robbe-Grillet,
le tout récent académicien, a invité pour fêter
son entrée à l’Académie. C’est vrai qu’il
a mis pas mal de temps avant de se décider à faire le pas.
*
* *
Il n’y a que Minuit et POL qui m’envoient de temps en temps
des spécimens de leur production. Ce dernier, par exemple, m’a
envoyé déjà, pendant les vacances, plusieurs auteurs
sur lesquels, j’imagine, il mise pour la rentrée : Winkler,
Fargues, et Amigorena. Trois, c’est un peu trop, n’est-ce
pas. Et puis ce n’est pas un bon chiffre : ça a l’air
chrétien, hegelien… J’ai choisi de commencer par le
livre de Nicolas Fargues. Je n’ai pas tiré au sort. J’avais
déjà lu du Fargues. Et puis Winkler, c’était
trop épais. Les voies du lecteur sont impénétrables.
Celles du critique — fût-il critique amateur comme moi —
encore plus.
Philippe, cadre ONG, souffre de troubles obsessionnels compulsifs (TOC
!) qu’il qualifie lui-même de « superstitions poussées
». Il reçoit, par exemple, comme un ordre d’en haut,
l’impulsion d’ouvrir et refermer quatre fois d’affilée
la porte de son bureau sous les yeux de plus en plus ébahis de
sa secrétaire. Il exécute l’ordre grâce à
une mise en scène qui se révèle comique dans sa complexité.
« Tu es satisfait, Dieu ? » s’exclame-t-il, une fois
l’exercice réussi. Parler à Dieu ce n’est plus
de la simple superstition, ça commence à sentir légèrement
le mysticisme. De toute façon, Philippe est différent, disons
un peu spécial, il apparaît comme l’envoyé de
l’auteur ici-bas, dans le texte. C’est pourquoi le lecteur
pourrait être tenté de prendre ce personnage pour un alter
ego de l’auteur qui se décide à ne plus utiliser la
première personne comme dans les romans précédents.
En effet, on a l’impression que Philippe a plus de poids que les
autres qui ne font que jouer leur petit rôle, dans le coin qui leur
est réservé. Ils sont pour la plupart des touristes, sinon
des expatriés plus ou moins paumés, des Français
qui croient que leur petite vie misérable sera plus douce au soleil
de Madagascar. On entend donc plusieurs voix et on voit pas mal de silhouettes
qui ne se croisent pourtant que rarement, ou pas du tout et un peu par
hasard. Il y a d’abord Hervé, le collègue de bureau
de Philippe, qui se trouve dans une situation désespérée,
au bord de la crise de nerfs : il a détourné pour Nirina,
sa jeune maîtresse malgache, de l’argent public et apprend
que sa femme a elle aussi un amant et veut divorcer. Il y a Maurice, ancien
patron de bistrot qui a vendu tout ce qu’il possédait en
France pour suivre une femme originaire de l’île qui, en dépit
de son joli nom, Phidélice, le gruge et le dépouille de
tous ses biens. En général, les femmes indigènes
sont présentées comme ayant la jambe légère
et les yeux cupides. L’auteur est depuis deux ans le directeur de
l’Alliance Française de Diégo Suarez, ancien comptoir
militaire français. Il doit savoir de quoi il parle. Lui-même
marié à une africaine, il n’a pas peur du politiquement
correct. D’ailleurs, les Français, il ne les traite pas mieux.
Il croque savoureusement, ce jeune fonctionnaire prétentieux, Amaury
de Langle, crétin et hypocondriaque, terrorisé par les moustiques,
et il n’épargne pas non plus Mathilde, la touriste venue
de Lille, ridicule dans sa quête de l’innocence ; ou bien
tous ces Blancs en fin de course, qui viennent s’échouer
sur le sable malgache, avec l’espoir d’oublier leur condition
et qui n’hésitent pas d’afficher leurs complexes de
supériorité en rêvant aux jours de gloire du colonialisme.
Épingler le ridicule, c’est le jeu favori de Nicolas Fargues.
Mais encore une fois, c’est Philippe qui attire davantage l’attention
par ses manies et son comportement bizarre. Aussi le lecteur pourrait-il
se vanter de le connaître, d’une certaine manière,
mieux que Laure, sa femme, qui se doute quand même de pas mal de
choses. Le lecteur, lui, sait presque tout, car Philippe pense à
haute voix devant lui. Ce qu’il ne connaît pas le lecteur,
c’est le pourquoi des troubles psychiques qui poussent le personnage
à des gestes gratuits et dangereux. Ce n’est que plus tard
que l’on apprend la clef de son comportement : Philippe n’avait
que trois ans quand il a tué son père en jouant. Celui-ci,
étendu sur le parquet, permettait à l’enfant de sauter
sur son ventre. Vous avez deviné : à un moment donné,
quand son père ne s’y attendait pas, l’enfant a fait
un bond en avant et lui est retombé sur la pomme d’Adam.
La mort fut instantanée. L’humour de Nicolas Fargues est
du genre pince sans rire. Et plutôt noir.
Dans le dernier chapitre, Philippe roule en bagnole sur une route presque
déserte. Il obéit aux diverses injonctions venant forcément
d’en haut et se livre à toutes sortes d’exercices acrobatiques,
plus dangereux les uns que les autres. Il n’échappe pas à
l’accident et avec sa mort le roman prend fin.
On peut parler d’une comédie de mœurs qui, comme la
vie, ne peut finir que mal. Et admirer le ton de Fargues : tour à
tour cynique, drôle et désespéré.
*
* *
De temps en temps, je me fais plaisir : je lis en roumain.
Récemment, j’ai lu le bouquin d’une écrivaine
qui vit depuis longtemps en Suède et dernièrement écrit
directement en suédois, bien qu’elle soit d’origine
roumaine — Gabriela Melinescu. Vous savez, les Roumains vous les
trouvez maintenant partout, pas seulement à Paris. J’ai lu
donc la traduction roumaine du livre et maintenant je voudrais bien lui
trouver un éditeur français. Croyez-moi, elle le vaut bien…
Tenez, déjà le titre : Chez moi, parmi les étrangers
(Hemma utomlands, Albert Bonniers Förlag, 2003). On n’est nulle
part chez soi, voilà la sagesse distillée par ce livre.
Ce qui n’a pas empêché l’Académie suédoise
de lui accorder un prix assez important.
*
* *
Mais pour le prix Nobel, c’est une autre paire de manches. Habiter
Stockholm, c’est loin de constituer une occurrence favorable pour
l’obtenir. En jugeant d’après les derniers lauréats,
il vaut mieux d’habiter la Hongrie ou l’Autriche. Pays traversés
par le beau et bleu Danube. Et avoir une grande gueule. Être, si
possible, persécuté ou l’avoir été…
« Je prie à genoux de ne jamais avoir le prix Nobel ! Heureusement,
mes écrits sont si peu convenables qu’il y a peu de chances
pour qu’on me le donne ». Qui a écrit ses lignes, juste
l’année dernière ?
Elle s’appelle Elfriede Jelinek. Originaire de Styrie, la patrie
de Jörg Haider, le leader de l’extrême-droite autrichienne,
elle s’est fait connaître par le public français grâce
plutôt au film La Pianiste, réalisé par Michael Haneke.
Juive seulement par son père, Elfriede fut élevée
par sa mère dans une école très catholique. Voilà
encore un écrivain aidé par son éducation à
devenir sulfureux…
Est-elle seulement sulfureuse ? Il n’y a que de la brutalité
dans son écriture ?
Ses premiers écrits sont marqués par une recherche formelle
très poussée. Elle fait une sorte de littérature
expérimentale qui n’est pas du tout gratuite, car son écriture
est de plus en plus ancrée dans le social. Ce que ses détracteurs
ont appelé « une littérature des restes », on
retrouve ailleurs aussi : déconstruction de l’ensemble langagier
(citations sans guillemets, faits divers qui passent directement dans
la narration, discours, politiques surtout, utilisés tels quels,
etc.) pour mettre en évidence, entre autres, le soubassement du
pouvoir. La justification des stéréotypes dont elle use
et abuse, c’est l’efficacité. Sa cible n’est
pas seulement le pouvoir politique, mais toute autorité, qu’elle
soit éducative ou sexuelle.
D’accord, elle est plutôt antipathique notre Elfriede. Sa
violence est difficile à supporter, elle n’est pas moins
oppressive par rapport à ses lecteurs que l’état (autrichien
?) envers ses sujets d’aujourd’hui et surtout d’hier.
D’accord, Thomas Bernhardt était le grand écrivain
autrichien. C’est lui qui aurait mérité ce prix Nobel
qui s’accorde sur des critères de plus en plus géopolitiques.
Il est mort seul et désespéré.
Et alors !
« Je cherche pour ma tête une position où elle hurlera
moins », écrivait Elfriede Jelinek, il y a dix ans dans Nouvel
Observateur.
Le prix Nobel, ça peut l’aider.
*
* *
Une autre romancière, Nancy Huston, américaine celle-là,
quoique mariée à un Bulgare et écrivant en français,
s’est mise à philosopher. Bonne idée ! me suis-je
dit. C’est bien de faire une pause dont peuvent profiter aussi ses
lecteurs… Et sur quoi philosophe-t-elle ? Un peut sur tout, mais
particulièrement sur la littérature, laquelle, au moins
en France, ne fait que tressaillir, de temps en temps, enterrée
comme elle est sous les feuilles mortes de tant de livres inutiles. Elle
philosophe la Nancy et, ce qui est tout à fait remarquable, c’est
qu’elle le fait sans peur : elle ne craint ni les truismes ni les
naïvetés.
Dans la littérature, son ennemi principal est le nihilisme. Et
tous ces porte-drapeau qu’elle énumère consciencieusement
: Beckett, Cioran, Thomas Bernhardt, Elfriede Jelinek et j’en passe…
Mais non ! Le Nouvel Obs ne me laisse pas. Il illustre les propos de la
nouvelle philosophe avec des photos. Ainsi on voit aux côtés
des écrivains déjà cités les minois désespérés
de Houellebecq et de Christine Angot, mieux connus par le grand public
que les autres. Des nihilistes de chez nous, de vrais parisiens qu’on
peut voir souvent à la télé, dans toutes sortes d’émissions
niaises ; on les admire, par exemple, lorsqu’ils sont invités
chez Thierry Ardisson, dans le bel appartement de celui-ci, entièrement
tapissé de rouge, tandis que lui, l’hôte, est toujours
en noir, quel goût, bordel, quel raffinement !...
C’est l’esprit démocratique à l’américaine
de notre Nancy qui la pousse à mélanger génies et
plumitifs ? Ou le populisme franchouillard qu’elle a appris depuis
qu’elle vit ici ?
*
* *
Restons plutôt en Europe Centrale. Plus exactement, allons un peu
plus vers le Nord. Et saluons l’initiative du Musée d’Art
et d’Histoire du Judaïsme qui ressort de l’oubli Bruno
Schulz.
Je l’ai lu dans les années 60, en français, grâce
à Maurice Nadeau, ce grand découvreur d’écrivains
français et étrangers. Déjà on le comparait
à Kafka pour des raisons trop évidentes et donc superficielles.
Pas forcément fausses. Mais Kafka est plus précis, moins
lyrique, moins pittoresque. Peut-être que c’est à cause
de ce pittoresque si galicien, si chagalien que Singer trouvait Schulz
meilleur que Kafka. Il oubliait que Schulz était redevable à
Kafka et il ne s’en cachait pas : en 1936, c’était
lui qui supervisait la traduction polonaise du Procès.
Kafka échappe au judaïsme de type chagalien. Il s’élève
au-dessus des petites communautés juives de l’Europe centrale
qui semblaient attendre, agrippées à leur religion, le bourreau.
Kafka aussi annonce le bourreau, mais celui-ci n’est pas Hitler,
il ne vient pas uniquement pour les Juifs. Sa métaphysique négative,
son kabbalisme subtil lui accordent la force de s’élever
encore plus haut sur l’échelle de l’universel.
*
* *
« Ouvrez-moi les veines, en sortiront des fictions, des destins,
toutes ces vies qui se déroulent en parallèle autour de
nous du seul fait que quelqu’un les a imaginées »,
écrivait Régis Jauffret dans Les Jeux de plage. «
Dites-leur que je n’ai jamais souffert. Dites-leur que l’écriture
c’est le bonheur. »
En définitif, cette thérapeutique est celle de plusieurs
écrivains pour qui la vie dite réelle est plutôt insupportable.
*
* *
Où vont les feuilles mortes ? Où vont-elles disparaître
?
Où vont tous les livres retournés ? Et leurs millions de
feuillets ?
Le Grand Pilon est le Dieu impitoyable de la littérature, celui
qui régit le trou béant qui nous attend tous, auteurs, éditeurs,
critiques et livres…
D. Tsepeneag
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